17 avril 2011
Schizophrénie
Dans le langage courant (celui de Monsieur tout le monde), la schizophrénie se confond généralement avec le dédoublement (dé-triplement, quadruplement, etc.) de personnalité. Nous sommes bien d’accord que ce n’est pas là une caractéristique clinique essentielle de la schizophrénie dans une définition psychologique, mais nous nous en contenterons et c’est bien ce sens-là qui m’a fait choisir ce titre.
Suis je schizophrène ? La question a surgit dernièrement car je me suis retrouvé en moins d’une heure dans des situations, des rôles, des habits très différents... comme un acteur qui passe d’une pièce à l’autre, change de décor et de costume. Fin de week-end, je suis en uniforme scout avec une bande de joyeux drilles, les staffs de l’Unité, dans un cantonnement tout à fait correct mais sommaire... et quelques minutes (une soixantaine) plus tard, sans autre transition que la E411... je me retrouve à Zaventem à attendre mon avion, une sorte de businessman avec son ordinateur portable dans la foule anonyme d’un aéroport international... La chemise scoute enlevée, le foulard laissé dans la voiture, les idéaux de Baden Powell rangé dans un coin de mon âme pour me pencher sur mon boulot, costume, cravate, portable sur les genoux et smartphone dans à l’oreille (je caricature... mais à peine)...
Le choc fut suffisamment important pour que la question me préoccupe quelque peu... Comment ai-je fait pour passer d’un rôle à l’autre sans presque de transition ? Qui suis-je ? Suis-je (plus) le chef d’Unité ou ce voyageur anonyme dans le monde du travail ? Suis-je un papa, un mari ? Suis-je un geek, un philosophe ? Suis-je un rêveur, un gars sérieux ? Est-ce que tout ces modes, est-ce que tout ces mondes sont compatibles ? Est-ce que moi, mon moi profond, existe ou existe encore ? Est-ce qu’il trouve une place dans mes rôles, ne suis-je qu’un acteur qui endosse des masques ? Mais qui se cache derrière le masque ?
Bon, ça, c’est pour le questionnement de soi, égocentrique... Mais si j'élargis la réflexion: sommes-nous tous schizophrènes comme cela ? Est-ce caractéristique de notre époque qui nous demande plus, qui nous demande de jouer plus de rôles ou l’Homme a-t-il été toujours schizophrénique ? César était-il encore César quand il ne devait plus l’être ? Était-il autre chose que César ?
Quand je réfléchis un peu à tous les rôles que nous devons jouer aujourd’hui, je me demande donc s’il en a toujours été ainsi, si, jadis (quand ?), il n’y avait pas un peu plus de cohérence entre ces différents rôles voire des transitions mieux marquées, mieux élaborées... Et ma conclusion (provisoire, comme doivent l’être toutes les conclusions) est sans doute que oui, notre époque nous rend plus schizophrènes notamment par, d’une part, une distinction moins claire entre les différents rôles et d’autre part, des changements beaucoup plus brutaux de l’un à l’autre, des changements sans transitions.
Analysons quelque peu l’un ou l’autre exemple.
L’avion
Pas cette fois-ci puisque, en Crête, d’où j’écris en ce mois de mars, il ne fait guère plus beau que dans ma chère Belgique, mais lors de précédents voyages, en quelques heures, je passe de la grisaille belge familière à un pays illuminé par le soleil, de l’automne-hiver pluvieux aux senteurs de champignon, à un bouquet de senteurs inconnues fleurant bon le printemps, des passants engoncés dans leur manteau d’hiver aux vieillards en manche de chemise assis sur le banc d’une placette à prendre le soleil... C’est l’avion, c’est lui le faiseur de miracle qui me transporte en quelques heures d’un monde à l’autre... Inimaginable transition pour feux mes grands-parents... Brutale transition d’un monde à un autre, d’une culture à une autre.
Là, je donne cours à des gens qui viennent de Taïwan, de Timor Leste (et oui, c’est un pays qui existe vraiment... capitale: Dili), d’Ethiopie ou encore de Namibie... En quelques heures de vols, ils ont atterri dans notre métropole occidentale: 40°C de moins pour certains, non, il ne faut pas bouillir l’eau du robinet avant de la boire, pas de minaret qui appelle à la prière... choc climatique, choc culturel, choc gustatif... sans autre transition qu’un vol en avion... Richesse énorme mais choc non moins grand !
L’adolescence
Cette période de transition, de latence, qui commence on ne sait pas très bien quand et qui se termine on ne sait plus très bien quand par une espèce d’adulescence qui n’est encore qu’un mot qui cache une période très floue où l’on n’est plus enfant, plus adolescent, presque adulte mais encore adolescent, ne représente-t-elle pas un autre exemple de manque de transition claire, de schizophrénie de notre société ? Dans beaucoup de civilisations, et dans la notre jusqu’il y a peu, des rites marquaient les étapes de la vie, le passage d’un âge à l’autre que ce soit le premier lion chassé, ou, plus prosaïquement pour nous, une communion, une bar mizvah, un mariage, un diplôme...
La religion se perd diront certains... Je ne sais pas, mais en tout cas les rites qui vont avec la religion ont du plomb dans l’aile... Donc, on ne peut plus se baser sur eux pour rythmer les transitions de la vie... Pour le diplôme, à part dans des universités prestigieuses ou américaines, le diplôme n’est souvent qu’une petite étape entre d’autres diplômes, études entamées, changements de direction qui prennent de plus en plus de temps (beaucoup d’étudiants aujourd’hui prolongent leurs études au-delà de 25 ans)... Tanguy (du nom du film éponyme)... Ce n’est plus un moment clef qui marque le passage de la vie d’étudiant à la vie professionnelle... Quelle vie professionnelle ? Celle qui commence de petits boulots en petits boulots, qui me voit un jour vendre des pizza et le lendemain faire de l’informatique... On n’est plus notaire ou médecin de père en fils, le témoin se transmet plus rarement d’une génération à l’autre et le passage d’un boulot à l’autre est souvent aussi brutal que mon voyage en avion...
La zappette
Ce petit outil qui nous permet de passer d’une chaîne à l’autre de notre téléviseur est sans doute l’un des symbole fort de cette schizophrénie qui nous fait perdre conscience des différents rôles... Comme il est facile de passer d’une comédie-romantique à un thriller ou à une (stupide) émission de télé-réalité (que ce dernier mot est ici bien galvaudé !)... Juste un clic et vous passer d’un monde à l’autre... Bien sûr, vous restez dans votre fauteuil, votre rôle de spectateur passif ne change pas... Mais qu’est-ce que c’est déstabilisant et qu’est-ce que cela nous fait sans doute perdre encore plus les repères, les frontières entre les genres, les modes, les mondes...
Transition trop brutale ou transition non marquée, je crois bien que ces deux caractéristiques de notre monde font de nous des schizophrènes... Ou en tout cas, il faut être vraiment très bien équilibré dans sa vie pour savoir aujourd’hui où on est et où on va.
On peut aller un peu plus loin et se demander jusqu’où on peut aller comme cela, jusqu’où on peut aller trop loin et un tas de questions en découlent...
Un mariage est-il un engagement ou un contrat à durée déterminée entre deux êtres ? Quelle est la valeur de mon engagement (personnel, professionnel, philosophique) dans un monde de zapping ? Quelle est la valeur d’un contrat (de travail par exemple) dans notre monde ? Qu’est-ce qu’être adulte dans un monde qui ne définit plus l’adulte et qui souvent l’infantilise, dans ce monde où l’enfant décide parfois pour l’adulte (quelques publicités de ces derniers temps illustrent ce concept particulièrement bien !) ? Quel est (devrait-être) mon rapport avec la réalité ? Quelle réalité (quand on pense notamment que la grosse majorité de l’argent dans le monde est virtuelle) ?
En relisant ceci, je me rends compte combien mon propos est futile et peu fouillé voir banal et cent fois rabaché... Mais la réflexion m’a surpris et je souhaitais la partager...
23 janvier 2011
Peer-to-peer, piratage... ma liberté
Le piratage informatique, c’est, notamment, “cracker” des logiciels commerciaux pour les utiliser. Cracker signifie casser le code qui bloque le logiciel en question pour pouvoir l’utiliser sans le code fourni à l’achat... Criminel ?
Qu’est-ce que le streaming ? La possibilité, sur internet, de visionner des films et des séries sans passer par la télévision... Piratage ?
Quel est le problème du peer-to-peer ? On parle de piratage, d’atteinte aux droits d’auteurs... Aux droits de qui ? Quels droits ? Ah oui, ces royalties que nous payons à Disney, Universal et autres majors … Celles qui ne savent plus quoi faire de leurs millions... Bien sûr, un auteur de quelque chose de beau a le droit d’être rétribué sur sa création mais faut-il pour autant entrer dans la logique commerciale du merchandising à tout crin ? Est-ce que cette logique a encore un sens aujourd’hui ? Je ne crois pas, c’est un relent du capitalisme du XXème siècle qui n’a pas su (voulu) s’adapter aux nouvelles technologies, à des nouvelles logiques... Grégoire Boissenot (1979-), l’auteur-compositeur-interprète qui a connu le succès via l’internet et cette nouvelle manière d’échange avec son tube “Toi+Moi” ne me contredira pas... Ce titre est apparu sur le Net, via le Net et a fait un tabac grâce à ces échanges, grâce à la diffusion gratuite sur Youtube et autre Dailymotion... Il a compris ce nouveau media... Il a compris la richesse de l’échange “gratuit”, légal ou illégal... Bon, après, il est reparti dans la logique comercialo-commerciale... Mais !
Cracker un logiciel, c’est illégal, c’est criminel (c’est en tout cas ce qu’il est indiqué sur les boîtes!). Non, je dis non... Pourquoi payer Microsoft, société au bilan plein de zéros, alors que certains font des très bons logiciels avec les mêmes fonctionnalités gratuitement et les mettent à disposition de tout un chacun (Open Office ou Google docs). Bon, d’accord, pour ce dernier, ce n’est pas une oeuvre de charité: on connait la puissance de Google. De plus, ça ne leur suffit pas de nous faire payer leur logiciel une fois, après quelques temps (deux ou trois ans), il est remplacé par une nouvelle version et pour pouvoir continuer à échanger et lire des documents de ceux qui ont la nouvelle version, nous sommes obliger de nous la procurer aussi (et de la re payer)... Pour des nouvelles fonctionnalités qui ne le valent pas toujours (je dirais même rarement !)... Un peu comme si, tous les deux ans, vous étiez obligé de changer de voiture (pour une nouvelle, pas pour une occase) car votre garagiste refuserait de réparer l’ancienne ou que les routes ne seraient plus compatibles avec votre ancienne voiture... Qui vole qui ? Qui arnaque qui ?
Donc non, je n’ai pas honte de cracker Microsoft Office...
Regarder une série en streaming sur l’internet, c’est du piratage ? C’est illégal ? Peut-être mais c’est aussi une manière de dire “non”... Non au diktat de la télévision qui m’impose ce que je dois regarder et quand je dois le regarder (avec le streaming, je regarde ce que je veux quand je le veux !) et aussi non au diktat des publicités qui interrompent chaque émission et m'assomme de messages qui me poussent à consommer ce dont je n’ai absolument pas besoin...
Tout cela est-il de l’incivilité ? Désobéissance civile plutôt... ou encore “désobéissance commerciale”...
Simplement, j’applique à mon niveau, avec mes moyens, une théorie fameuse, celle des micro-actions, celle du “non”, de la désobéissance civile et de la non-violence, développée par Henri David Thoreau (1817-1862, auteur de “La désobéissance civile”) et mise en pratique de manière magistrale par de grands hommes comme Gandhi et Martin Luther King... Quand une loi n’est pas juste, il faut refuser de l’appliquer, pacifiquement, mais fermement, par tous les moyens non-violents. Quand un système économique n’est pas juste, pourquoi ne pas faire la même chose ?
08 septembre 2009
Quelque chose de Tintin... ou de Catherine la Grande...
La visite du président français à l'usine Faurecia en Normandie défraye les chroniques grâce à un journaliste belge qui a découvert que tout était manipulé, orchestré et mis en scène jusqu'à la taille des employés présents derrière le président...
Navrant, en lisant cela je vois Tintin au Pays des Soviet avec les usines en carton derrière les murs desquels des pseudo ouvriers brûlent de la paille et tapent sur de la tôle ondulée pour figurer le travail intensif... Je vois aussi cette "légende" concernant Catherine la Grande, dont le ministre et amant Potemkine aurait fait construire des villages factices prospères lors d'une tournée de la tsarine pour lui cacher la misère réelle de la paysannerie russe du XVIIIème siècle...
Alors Nicolas, un nouveau tsar ? Je ne suis pas le premier à le dire...
Et le rôle des média ? C'est un journaliste belge qui a dû dévoiler l'affaire... une nouvelle preuve de ce que j'avançais dans un autre article sur le présent de la démocratie (voir ici).
Et maintenant je rigole un peu... Je rigole un peu d'un ami (qui se reconnaîtra peut-être) qui milite pour un petit parti rattachiste, le RWF pour ne pas le citer, Rassemblement Wallonie-France (ce sont les mêmes initiales pour Rassemblement Wallonie-Flandres ;-) ).
Je rigole des contradictions de leur discours: ils sont anti-monarchistes et ils souhaitent tomber dans les bras d'un pays qui est beaucoup plus monarchiste que la Belgique et dont le chef d'Etat agit de plus en plus comme un despote (très peu) éclairé... Rappelons, démocratie=pouvoir issu du peuple... Peut-on encore croire en cela quand on voit un président, qui outre son comportement monarchique (que certain appellent bling-bling), despotique (un seul exemple: limogeage arbitraire d'un préfet qui n'avait pu canaliser certaines manifestations lors d'une de ses visites), se considère comme au-dessus des lois (notamment, toujours lors de la visite à Faurecia, refuse de porter les vêtements de sécurité requis) voire donc au dessus des lois divines: il est intouchable, donc pas besoin de l'attirail de sécurité... Monarche de droit divin... Versailles n'est pas loin (comme il nous l'a montrer lors de son discours devant les chambres réunies... tout un symbole !)
Je pleure maintenant, je pleure encore et toujours de la manipulation de plus en plus grande faite par les média... Déjà quand je lisait le patron de TF1 disant que ses programmes avaient pour but de "vider les cerveaux pour y laisser entrer Coca Cola" (je résume un article paru il y a quelques années: à lire absolument), j'étais atterré... Je le suis plus encore maintenant, car, au vu des réactions de journalistes français à "l'affaire Faurecia", les média eux-même n'ont plus conscience qu'ils sont manipulés... Il leur a fallu (disent-ils) un regard extérieur, le petit belge, pour se rendre compte de cette manipulation par l'Elysées... Une journaliste française disait hier soir à la RTBF, en substance, "le rythme que l'Elysée nous impose devient tel que nous n'avons plus le recul nécessaire"...
Alors si le manipulateur ne sait plus qui le manipule... La situation ne devient-elle pas quelque peu désespérée ?
Tags : démocratie, manipulation, média, Sarkozy03 juin 2009
Tien An Men... Vingt ans déjà !
La démocratie est-elle exportable ?
Les images sont fortes: tout ceux qui l'ont vécu se souvienne de cet étudiant devant les chars sur la plus grande place de Beijing. Mais que revendiquaient-ils ? La démocratie ?
Ne nous laissons pas piéger par les mots... En relisant les dazibaos (des affichettes collées sur des murs pour exprimer son avis), on comprends que les revendications des ouvriers et étudiants chinois (pas de paysans ! Ils n'ont pas vraiment pris part aux revendication à cette époque) ne peuvent pas se lire comme une simple transposition de ce que nous réclamons et vivons en occident, de ce que nous appelons démocratie...
D'abord, il faut se souvenir que la Chine n'a aucune tradition démocratique... Une civilisation de plus de 4000 ans qui n'a connu que des monarques autocratiques ou des régimes fortement centralisés et qui est resté très fermée sur elle-même ne peut comprendre la démocratie comme nous l'entendons dans notre "civilisation" occidentale qui a "inventé" la démocratie il y a 2500 ans et l'a remis en oeuvre il y a deux ou trois siècles...
En Chine, que revendiquaient-ils donc ? Oui, la démocratie, c'est écrit sur certains dazibaos... mais au sens communiste (chinois) du terme. Les revendications visaient moins un changement de régime qu'une sorte de "purification du régime" au sens d'un retour aux sources, aux bases des textes. La constitution chinoise (de 1982) met en place un démocratie en Chine ou plutôt une "dictature démocratique du peuple"... Le pouvoir est donné au peuple... mais a été confisqué par la bureaucratie... Une des première revendication est de limiter le pouvoir cette bureaucratie et de rendre au peuple le pouvoir de remettre en cause ceux qu'il a élu...
Mais qui veut-il (le peuple) comme représentants, comme élus ? Pas vraiment des gens issus de lui-même, c'est totalement contre la mentalité chinoise... Dans la mentalité chinoise, ceux qui doivent diriger sont les lettrés, ceux qui ont reçu l'éducation (nous dirions les universitaires...). Nul revendication du pouvoir pour les ouvriers ou les paysans. Ces derniers n'ont d'ailleurs aucune revendication, les paysans chinois ne se révoltent guère qu'en cas de disette... Les ouvriers (présents à Tien An Men) revendiquent bien quelque chose, ils revendiquent la propriété des moyens de production (marxisme pur et dur !), rien d'autre, pas de pouvoir politique, simplement récupérer ce que le parti leur a pris. Donc, parmi ceux qui étaient présent à sur la place, seuls les étudiants et les intellectuels revendiquaient une certaine démocratie.
Je dirais même qu'ils n'ont pas revendiqué directement la démocratie... L'origine du mouvement est la mort de l'ancien secrétaire du Parti Communiste, Hu Yaobang, déchu en 1987. Etudiants et intellectuels souhaitaient sa réhabilitation (post mortem) car ils avaient apprécié ce dirigeant "progressiste" et peu corrompu (ou luttant contre la corruption).
Donc, en résumant, que revendiquaient les victimes de Tien An Men ? Une application plus stricte des principes marxistes à la sauce chinoise (pouvoir au main des lettrés), loin de nos démocraties représentatives et de notre suffrage universel (déjà acquis par les Chinois) voire de nos droits politiques.
Alors attention à ne pas vouloir exporter nos concepts sans les placer dans le contexte historique et civilisationnel adéquat...
On peut aller plus loin et se demander si l'Afrique noire, par exemple, une société (qui était) basée sur la sagesse des anciens (avant la colonisation) et qui a fonctionné des siècles comme cela, a vraiment besoin de notre schéma de démocratie... Et qu'en est-il d'un pays comme la Russie qui n'a guère plus connu de "moments démocratiques" que la Chine ? Et le monde arabe ? J'aurais envie de dire: arrêtons notre occidentalo-centrisme... Ce qui est sans doute le moins pire des régime pour nos cultures et notre civilisation pourrait bien être le pire pour d'autres...
Bon, bien sûr, une autre revendication importante à Tien An Men concernait les droits de l'Homme... A nouveau pas forcément comme nous l'entendons, ils voulaient à manger, du travail et que les droits d'association et de liberté d'expression inscrits dans la constitution chinoise soient plus respectés ! Rien de plus...
A lire, une traduction des documents chinois de l'époque:
Un Bol de nids d'hirondelles ne fait pas le printemps de Pékin (Bibliothèque asiatique)
02 mai 2009
Dieu, un Dieu quantique ?
ou une interprétation contemporaine du Libre arbitre
Michel Onfray, philosophe contemporain, est un auteur pour lequel mon appréciation est ambiguë: j'apprécie son style relativement clair et certaines de ses idées qui secouent un peu les idées reçues notamment par le fait qu'il ressort certains philosophes de l'ombre (dans Contre histoire de la philosophie par exemple); par contre, il est détestable par cette haine viscérale qui transpire de son oeuvre pour les philosophes "classiques" comme Platon ou Aristote par exemple, qui ont, à mon humble avis, apporté beaucoup au monde... Toujours est-il qu'au fil de son ouvrage, j'ai découvert certains penseurs en marge de l'idéologie officielle de l'Église catholique romaine du Moyen Âge... Et notamment Lorenzo Valla (1407-1457) avec un petit opuscule: De libero arbitrio (Du Libre Arbitre).
La question du Libre arbitre est une question assez centrale pour celui ou celle qui croit en quelque chose (Dieu ou quelque nom qu'on lui donne), c'est le choix entre déterminisme et liberté de l'être humain, c'est la question de savoir pourquoi Dieu, s'il existe, accepte ou tolère Hitler et l'holocauste, le génocide rwandais, la guerre dans les Balkans, la faim dans le monde, ... Chez certains, c'est le Inch Allah ! Dieu le veut, c'est écrit...
Certains penseurs "hédonistes" du Moyen Âge dont parle Onfray, et parmi eux particulièrement les Frères et Soeurs du Libre-Esprit, se sont positionnés sur la notion de libre arbitre d'une manière assez tranchée, pour ainsi dire dichotomique.
Mais, avant d'aller plus loin, revenons un instant sur cette notion de libre arbitre.
Ce sont les grands penseurs chrétiens des premiers siècles qui ont défini cette notion et principalement un certain Augustin d'Hippone mieux connu sous le nom de Saint Augustin (particulièrement dans un traité appelé également De libero arbitrio). Au livre Premier de cet ouvrage, il parle de la "volonté et du libre arbitre" qu'il développe dans le livre Deuxième:
"Explique-moi maintenant, si cela est possible, pourquoi Dieu a donné à l'homme le libre arbitre de la volonté, sans lequel il ne pourrait certainement pécher, s'il ne l'avait reçu"
Saint Augustin pose toutes des questions que ses successeurs vont analyser, tourmenter voir radicaliser. Il puise sans doute une partie de ses réflexions dans l'héritage grec, et particulièrement Aristote (même si son auteur de prédilection est sans doute Platon). Celui-ci (Aristote) nous donne en effet la version grecque du libre arbitre dans la notion d'acte volontaire qu'il définit comme suit dans l'Ethique à Nicomaque (Livre III, Chap. 3):
"Étant donné que ce qui est fait sous la contrainte ou par ignorance est involontaire, l’acte volontaire semblerait être ce dont le principe réside dans l’agent lui-même connaissant les circonstances particulières au sein desquelles son action se produit".
Les éléments clefs de l'acte volontaire d'Aristote sont donc l'absence de contrainte et la connaissance des circonstances et des conséquences directes de l'acte (Ce que nous traduirions sans doute par "il l'a fait en connaissance de causes").
Pour Aristote, une action accomplie sous la contrainte ou par ignorance n'est pas un acte libre. La contrainte peut être celle d'autrui ou celle d'un événement extérieur. Un acte forcé a son principe, son origine hors de nous, hors de l'agent, la personne, qui subit la contrainte. D'un autre côté, l'ignorance n'entraîne un acte involontaire que si elle s'accompagne d'une certaine forme de repentir, si l'auteur aurait agit autrement s'il avait eu pleinement conscience des circonstances de son actions. L'acte n'est par contre pas considéré comme involontaire si l'auteur n'est pas au courant, lors de son choix d'action, des conséquences de son acte.
De là, Aristote en arrive à la définition reprise plus haut. Il entame ensuite une analyse de la question du choix et prévoit dans son raisonnement des actes volontaires qui ne sont pas faits pour des bonnes actions mais pour des actions honteuses (par impulsivité ou concupiscence). Et donc on voit ici la porte ouverte pour la notion de péché des Pères de l'Église.
De son côté, Saint Augustin nous montre le Libre arbitre de la volonté (nous retrouvons ici le concept grec) comme cette faculté donnée à l'être humain de faire un bon usage des choses ou d'en faire un mauvais usage. Par mauvais usage, il entend essentiellement le fait de s'attacher aux choses temporelles.
Dans son opuscule sur le Libre Arbitre, saint Augustin pose successivement trois questions qui correspondent aux trois livres de l'opus: D'où vient le Mal ? Qui a créé le Libre arbitre, principe du Mal ? Dieu a-t-il pu créer le Libre Arbitre ?
D'après Saint Augustin, le Mal (au sens de mal agir) trouve son origine non pas auprès de Dieu mais chez son auteur, l'homme, l'âme qui s'est laissé allé à la passion. Le choix volontaire (le libre arbitre de la volonté), quand il nous entraîne vers la passion plutôt que vers la raison, tel est l'origine du mal.
Dans le deuxième livre, Saint Augustin démontre que c'est bien Dieu qui a donné le Libre arbitre à l'Homme pour que ce dernier puisse "librement" agir avec droiture. Mais cette volonté libre, ce bien reçu de Dieu va être perverti, va subir un mouvement qui nous mène au péché.
Ce qui te surprend, ce qui t'étonne, c'est qu'il n'y ait ni contradiction ni opposition à admettre, d'une part, que Dieu connaisse tout ce qui doit arriver; et d'autre part, que nous ne péchions pas nécessairement, mais volontairement. Si Dieu sait qu'un homme doit pécher, dis-tu, il est nécessaire qu'il pèche; mais s'il est nécessaire qu'il pèche, il n'est donc pas libre en péchant, il est sous l'empire d'une inévitable et immuable nécessité. Et ce que tu crains, c'est que ce raisonnement n'entraîne à nier la prescience divine, ce qui ne peut se faire sans impiété, ou bien s'il est impossible de la nier, à avouer que les péchés ne sont pas l'œuvre de la volonté, mais de la nécessité.
Tout le débat est résumé dans ces phrases. La pirouette de Saint Augustin est de combiner préscience de Dieu et volonté de l'Homme. Quelque part, Saint Augustin dit que l'Homme ne peut être heureux (ou ne peux pécher) que s'il l'est (s'il le fait) volontairement... Le péché aussi trouve sa cause dans la volonté et la cause de cette volonté qui nous fait pécher est l'avarice, le besoin de toujours plus... Il s'appuie ici sur Paul (I Tim, VI, 10): "L'avarice est la racine de tous les maux". Enfin, Saint Augustin rejette l'ignorance comme excuse au péché...
A la suite de Saint Augustin, la question du Libre Arbitre sera reposée souvent de manière dichotomique: soit Dieu est omniscient et omnipotent et donc Il sait ce que l'Homme fera du Libre Arbitre qu'il lui confère mais qui n'est alors qu'un leurre puisque en tant que omniscient et omnipotent, Dieu sait que nous pécherons, Dieu connait et gère le futur (comme le présent et le passé), donc c'est lui qui crée le péché, donc tout est écrit (y compris le péché), donc pas d'utilité à la rédemption puisque le scénario est déjà écrit, donc, pourquoi pas la licence totale ? Plus d'interdit, plus de "faute", plus de péché puisque tout ce que nous faisons, Dieu l'a voulu...
Un des objectifs du péché étant la repentance pour se re-rapprocher de Dieu mais si c'est Dieu qui a voulu le péché, à quoi bon se re-rapprocher de Lui, on ne s'est jamais éloigné de Sa volonté ! Donc plus de péché, plus de repentance... plus d'Eglise et de son cortège d'Inquisition... ? Entre parenthèse, ceci pourrait être une des sources du déterminisme en sciences: tout est écrit, en découvrant les lois de l'univers, on explique tout...
L'autre option est que Dieu nous a donné le Libre Arbitre et ne sait pas ce que nous allons en faire dans quel cas Il n'est pas omniscient ni omnipotent... A quoi bon alors suivre Sa Loi ? Quelle est Sa légitimité ? Qui est-il ?
Nous approchons là des sources de l'humanisme (au sens de la réflexion centrée sur l'Homme) et petit à petit de l'athéisme et de la mort de Dieu.
Lorenzo Valla propose une première alternative à la dichotomie grâce à une petite pirouette mais sa réflexion nous permettra d'aller plus loin.
Son opuscule se présente comme un dialogue entre un certain Antoine de Glarea, un érudit et l'auteur, Laurentius. Antoine pose à Laurentius la question du Libre Arbitre qui lui "semble très difficile, et surtout primordiale. Tout acte des affaires humaines, toute justice et injustice, toute récompense et peine en dépendent. Et non seulement pour cette vie, mais aussi pour celle à venir [...]". Pour lui, l'omniscience (il parle de préscience) de Dieu semble contradictoire avec le Libre arbitre. Laurentius rétorque que le fait que Dieu ait prévu que l'homme fasse quelque chose n'implique pas qu'il le fasse... et c'est là le point intéressant sur lequel nous reviendrons.
Par rapport à la préscience, Laurentius écarte l'incompatibilité avec le Libre arbitre en indiquant que préscience n'entraîne pas nécessité. Ce n'est pas parce que je sais que quelque chose arrivera que ma connaissance est la cause de ce qui arrivera... Donc on ne nie pas la préscience de Dieu mais elle n'est pas incompatible avec le Libre arbitre: je fais ce que je veux même si Dieu sait ce que je vais faire...
Antoine admet que la préscience n'est pas la cause d'un acte mais revient à la charge cette fois, non plus avec la préscience mais avec la volonté de Dieu qui contredirait le Libre arbitre... Là, Laurentius se base sur Saint Paul pour une belle pirouette en disant, en substance, que cela ressort du mystère divin insondable... Aporie !
Pourtant, je reviens sur un point de Laurentius alias Lorenzo Valla:
"Je peux être un mari, je peux être soldat ou prêtre, vais-je pour autant le devenir? pas du tout. J'ai ainsi la possibilité d'agir autrement que ce qui va advenir, pourtant je n'agirai pas autrement; et il était entre les mains de Judas de ne pas pécher, bien que ce fut prévu; mais il a préféré pécher, ce qui était connu à l'avance. C'est pourquoi la prescience est valable, tandis que la liberté de l'arbitre demeure. Une des deux [possibilités] sera choisie par le libre arbitre: car toutes les deux ne peuvent avoir lieu [en même temps], et par sa propre lumière, la prescience sait à l'avance celle des deux qui sera choisi."
Si je laisse de côté la toute dernière partie de la citation, je me rapproche d'une alternative "scientifique" pour sortir de l'aporie* .
Nous pourrions donc dépasser ces apories, ces blocages à la lumière de la science actuelle: et si Dieu était un Dieu quantique... S'Il était un Être quantique ou le grand Architecte d'un système quantique...
Une des théories maîtresses de la science actuelle, à côté de la relativité générale, est la physique quantique. De quoi s'agit-il ?
Je n'ai pas la prétention d'être un physicien accompli, juste un simple quidam qui a lu et tenté de comprendre quelques bases de la physique. Qu'en retiendrai-je pour expliciter mon propos ?
La physique quantique me semble être la physique des possibles ou des probables. Le fameux chat de Schrödinger, enfermé dans sa boîte au côté d'un système létale, a une probabilité de un sur deux d'être en vie et a la même probabilité d'être mort. Selon la physique quantique, les deux états coexistent simultanément dans la boîte cela revient à dire que, dans la boîte, le chat est simultanément dans l'état vivant et dans l'état mort. Ce n'est qu'en ouvrant la boîte, soit en intégrant le rôle de l'observateur dans la situation, que le choix entre les deux états sera opéré, qu'un des deux états sera présentifié (rendu présent pour l'observateur !).
Donc en résumé, plusieurs états coexistent dans une situation et une intervention externe en présentifie un.
Imaginons que ce soit la même chose pour le libre arbitre. Dieu reste omniscient mais au lieu de connaître un futur, il connaît tous les futurs possibles. En nous donnant le Libre arbitre, Il ne nous donne pas une fausse illusion de pouvoir gérer notre vie, en être responsable, parce que tout serait déjà écrit, mais Il nous donne la possibilité de présentifier un des futurs possibles, celui qui découlera de nos choix, de notre Libre Arbitre.
Dans cette optique, Dieu (ou quelque soit le nom qu'on Lui donne) a "en tête" tous les futurs possibles suivant tous les choix fait par ces petites choses auxquelles Il a donné le Libre Arbitre et donc garde sont "attribut" d'omniscience. Cette option était sans doute difficile a imaginer, même pour un scientifique des années 70 ou 80, et a fortiori pour un penseur de l'Antiquité ou du Moyen Âge, car une telle capacité de mémoire et de calculs de scénario était totalement inimaginable. Alors qu'aujourd'hui, avec les ordinateurs dont la puissance augmente de manière exponentielle (loi de Moore qui fait quasiment doubler quelque chose - puissance, vitesse, ... - sur les ordinateurs tous les 18 mois - même si celle-ci connaît un petit ralentissement depuis 2004** mais d'autres perspectives apparaissent*** ...), un tel système d'analyse de tous les futurs possibles, même s'il fait encore partie de la science-fiction a très long terme est plus imaginable.
D'un autre côté, et si je continue dans la science-fiction, pourquoi ne pas imaginer la présentification de plusieurs futurs. Un auteur, pour n'en citer qu'un que j'apprécie, comme Richard Bach dans un roman intitulé Un, nous propose de visiter plusieurs des futurs possibles "passés" de sa femme et de lui-même simplement en atterrissant avec un hydravion dans ces univers parallèles. Chaque choix fondamental qu'ils ont fait dans leur vie a, en quelque sorte, créé un futur différent dans un univers parallèle où l'avenir est vécu avec l'autre option. Par exemple, si a un moment donné je me décide à déclarer ma flamme, un autre avenir continue avec une sorte de double de moi qui n'aurait pas déclaré sa flamme...
La science aujourd'hui, se rapproche de ce genre de science-fiction... C'est Hugh Everett (physicien américain 1930-1982) qui proposa le premier la théorie des univers parallèles pour tenter d'expliquer la mécanique quantique. Ainsi, le chat de Schrödinger existe dans deux univers parallèles, une fois mort, une fois vivant dans deux univers différents. Plusieurs physiciens soutiendrons cette thèse comme John Wheeler, Stephen Hawkings, etc. Elle rentre également dans la relativité d'Einstein...
Donc, pourquoi ne pas y croire ? un Dieu omniscient mais qui nous laisse le libre arbitre... Une connaissance globale qu'on appellerait Dieu, Yahvé ou Allah comme d'autres l'appellerait Noosphère (Theilhard de Chardin) avec une humanité responsable et responsabilisée...
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* L'aporie est un blocage dans la démonstration.
** A cause de facteurs comme la température accrue...
*** ordinateurs bioniques et quantiques
12 mars 2009
Inhumanité trop humaine
Encore une question de vocabulaire ? Sans doute !
"Inhumain", ce terme a-t-il vraiment un sens ou, au moins, a-t-il le sens qu'on lui donne ?
On traite un Marc Dutroux d'inhumain, un tueur fou en Alabama* ou en Allemagne*, d'inhumain... Mais leurs actes ne sont ils pas ce qu'il y a de plus humain dans l'Homme ? L'inhumanité, comme nous l'appelons, n'est-elle pas ce qui distingue le plus l'humain de l'animal ?
Très peu d'animaux (pour ne pas dire aucun) tuent pour le plaisir. Aucun animal ne va séquestrer un autre, le violer et le tuer, juste pour le plaisir. Seuls des animaux dénaturés (comme dirait Vercors) peuvent faire cela pour le plaisir. Les animaux tuent, bien sur, mais le plus souvent c'est pour manger ou pour se défendre qu'ils le font.
En utilisant le terme "inhumain" pour qualifier un certain nombres d'actes "trop humains" n'est-ce pas un déni de cette part de notre humanité que nous prononçons là ? N'essayons nous pas de rejeter cette part de violence folle, de non respect insensé de la personne d'autrui qui existe en l'être humain en parlant d'acte "inhumain" voire encore de "bestialité" ? N'est-ce pas aliéner cette caractéristique de l'Homme ?
Qu'est-ce que l'être humain ? N'est-ce pas aussi cette espèce d'animal capable, à lui tout seul, de mettre en danger sa propre espèce et toutes les autres avec lui ?
Faisons maintenant un peu de psychologie à deux balles:
Un des principes des courants psychothérapeutiques issus de la psychanalyse est de verbaliser les problèmes. Souvent, une fois que le problème (le noeud du problème, le problème réel, bien sur, pas le symptôme) est verbalisé, est nommé, le patient est en bonne voie pour la guérison.
Nommer les choses, les nommer correctement, quel pouvoir ! Les auteurs de la Bible l'ont bien compris: Dieu n'est-il pas le "Logos", le discours... et puis ces versets de la Genèse:
"L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme. Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui". (Genèse, 2, 19-20)
Bref, si je poursuis mon délire psychanalytique: si je nomme quelque chose correctement, je me l'approprie, je le contrôle et je peux plus facilement m'en débarrasser... et, au contraire, en aliénant ces actes délirants par le langage, en les traitant de non-humain (ce qui est bien une signification de inhumain), ne suis-je pas en train de me cacher mon problème ?
On parle parfois de certaines banlieues, par exemple, comme d'environnement "inhumains"... Mais, il n'y a rien de plus "humain" que ce type d'environnement, c'est beaucoup plus "humain" que ma petite maison à la campagne entourée de plantes, d'arbres et d'animaux ! Ce n'est pas la Nature qui a fait la banlieue (si ce n'est la nature de l'Homme), elle n'a plus rien de naturelle mais est totalement "humaine"... En se rendant bien compte de cela (et donc un petit changement de vocabulaire s'impose !), nous cesserions peut-être d'aliéner ce problème ou au moins d'en aliéner les responsabilités.
Si certaines banlieues sont ce qu'elles sont, si Colombine, Dendermonde et Dutroux (sans parler d'Hiroshima, Nagasaki, l'Exxon Valdez, Auschwitz, etc.) sont possibles, c'est parce que l'Homme les a rendu possible... C'est HUMAIN, on ne peut plus humain ! Acceptons-le et, petite réflexion stupide sans doute, voire simple rêve, si nous réhumanisions ce que nous qualifions d'inhumain, ne pourrait-on pas, comme en psychanalyse, en guérir... Accepter ce mal pour s'en débarrasser au lieu de l'aliéner... ?
* Référence à deux tueries qui se sont produites dans les semaines de l'écriture de ce billet.
Tags : aliéner, animal, bestialité, Dieu, homme, humain, humanité, inhumain, meurtre, nature, nommer, psychologie, vocabulaire13 février 2009
La démocratie est-elle (encore) le "moins pire" des systèmes politiques ?
En 1947, devant la Chambre des Communes, Churchill parlait la démocratie en ces termes: "Democracy is the worst form of government - except for all those other forms, that have been tried from time to time." (La Démocratie est le pire des gouvernements, à l'exception de toutes les autres formes qui ont été essayées - traduction libre - Winston Churchill, speech in the House of Commons, 11 November 1947). Souvent son propos est trahi en disant que c'est le moins pire des gouvernements... De là à un faire un idéal politique, il n'y a qu'un pas que beaucoup n'hésitent pas à franchir voire à brandir comme étendard pour justifier des guerres et des diktats...
Mais est-ce vraiment encore ce fameux idéal politique (le fut-il jamais ?) ? Ne s'agit-il pas simplement d'un manque d'imagination et d'un confort très précaire dans lequel le grand nombre se complaît ?
Qu'est-ce qui caractérise la démocratie ? De Athènes à Georges Bush en passant par Montesquieu et de Tocqueville, les définitions ne manquent pas et ne concordent pas totalement... δημοκρατία, "la souveraineté du peuple" telle que le définissait les Athéniens ou, comme le disait Lincoln, le "gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple" (repris dans la constitution française de 1958), que représente-t-elle exactement ? Oui, aujourd'hui encore, le "peuple" peut s'exprimer en démocratie dans ce que nous appelons les élections, les votations, les référendums.
Première question: de quel peuple s'agit-il ?
En Grèce antique et à Athènes en particulier, seuls les citoyens athéniens avaient droit de vote soit seulement 10% de la population: femmes, enfants, esclaves, étrangers à la Cité étaient exclus. Aujourd'hui, nos "démocraties" occidentales se sont battues pour obtenir le suffrage universel. Mais ici encore, ce dernier terme est souvent dévoyé... Combien de gens sont exclus de nos systèmes électoraux ? Si tu n'es pas enregistré dûment, tu ne votes pas ! Si tu as moins de 18 ans, ta voix n'existe pas dans la plupart des états modernes... Nous sommes loin d'être équivalent face au vote, aux droits et devoirs politiques
Deuxième question: quelle est cette "souveraineté" du peuple ou en d'autres mots, sa liberté d'action ?
Vaste débat qui nous obligerait de parler d'éducation et culture des peuples, de manipulation par les média et autre lobbies, des systèmes politiques en eux-mêmes. Sans vouloir être exhaustif, pointons quelques éléments.
Quelques exemples de ces limitations à la "souveraineté" ?
Première forme de limitation: le niveau d'éducation et de culture des individus.
Il y aurait beaucoup à dire du système éducatif belge mais une lame de fond depuis quelques années qu'un parti "détient" l'enseignement, et que les incompétent(e)s se suivent sur le fauteuil ministériel, me fait croire que, sous des prétextes d'égalité, les politiques et les réformes se suivent pour tirer toutes nos têtes blondes (et l'avenir du pays) vers le bas... Quelle sera donc (ou quelle est déjà) la capacité de jugement, l'esprit critique que la majorité des jeunes auront au sortir de leurs études secondaires, au moment où ils iront voter pour la première fois ? Que comprendront-ils des discours, des enjeux politiques surtout lorsque chacun y va de sa surenchère en campagne électorale ?
Deuxième forme de limitation: le rôle de l'information et des média.
Dans la belle république d'Italie, Monsieur Berlusconi, Président du Conseil des Ministres est également propriétaire des principaux média télévisés du pays... Peuvent-ils agir et informer en toute indépendance notamment concernant la politique du pays ? Les accointances entre Monsieur Sarkozy et la direction de TF1 est de notoriété publique sans parler des chaînes publiques qui ressentent lourdement le poids de l'Elysées... Lors des ses "fameux" grands oraux, c'est lui-même qui choisit les journalistes qui l'interrogent... Liberté de la presse ? Aux États-Unis, la censure n'est plus un vain mot, surtout depuis l'excuse du 11 septembre 2001... Qui informe ? Comment est-on informé ? La presse peut-elle encore jouer son rôle de contre-pouvoir qu'elle a joué parfois (Watergate) ?
Rappelons aussi ce propos d'un des patrons de TF1, Mr Le Lay,
" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...)"(Dépêche AFP du 9 juillet 04, reprise notamment par Libération (10-11/07/04) : " Patrick Le Lay, décerveleur ”).
Autre exemple encore sur le rôle des média dans "la plus grande démocratie du monde": en janvier ou février 2003, en marge d'un sommet de l'ONU, le Premier ministre belge de l'époque, Mr Verhofstad, a donné une conférence de presse à New York pour expliquer la position de la Belgique contre l'intervention en Irak. A la sortie de cette conférence de presse, des journalistes belges ont interrogé leurs collègues américains sur leurs impressions. Plusieurs d'entre eux (Washington Post, notamment) ont fait part de leur intérêt pour le point de vue adopté par la Belgique et de la compréhension nouvelle qu'ils avaient de ce point de vue (qui était aussi celui de la France et de l'Allemagne). Le lendemain, pas une ligne sur le sujet dans aucun journal américain: la censure Bush était passé par là !
Troisième forme de limitation: le rôle des lobbies.
Outre le fait que le personnage, j'ose le dire, était quelque peu falot, qui dirigeait le pays sous la présidence de Georges W. Bush (et certainement sous d'autres présidences) ? Nous avons déjà souvent senti derrière des politiques des lobbies très puissant: le complexe militaro-industriel, les magnats du pétrole, le lobby juif très puissant aux États-Unis pour soutenir Israël (ne voyez pas d'antisémitisme ici ! Juste un constat !). Quand certains présidents se sont levés contre certains de ces lobbies, ils n'ont pas fait long feu... Et l'on ne sait toujours pas pourquoi Kennedy est mort... En Belgique, comme ailleurs, on peut citer parmi les grands lobbies les plus voyant l'Église catholique notamment durant tout le XIXème siècle et jusque tard dans le XXème ou le Boerenbond en Flandres.
Donc, même si les élections étaient démocratiques et que le peuple était souverain dans ses choix, quelle est la marge de manœuvre des dirigeants de nos "démocraties" ?
Quatrième forme de limitation: le système politique lui-même
Le Systèmes de grands électeurs américains n'est-il pas une limitation à la souveraineté des individus ? Si nous postulons qu'un des principaux outils de la démocratie est le vote majoritaire, est-il normal qu'un président soit élu par une minorité de votants parce qu'il a la majorité des grands électeurs (ce fut le cas de Georges W. Bush lors de sa première élection en 2000 - contestée) ?
Le Système particratique belge pose aussi pas mal de questions aussi concernant la valeur des votes du citoyen lambda. Est-ce normal que, avant les élections, certains partis aient déjà conclu des accords pré-électoraux (je ne parle pas de cartels où les partis se présentent ensemble à l'élection): rien n'a encore été décidé que des partis forment déjà une coalition gouvernementale (à tous les niveaux de pouvoir), décident d'un programme de base (en faisant parfois fi des promesses faites aux électeurs) et donc tout est décidé avant que l'électeur ne se prononce ? L'effet du vote, dans bien des cas, ne permet que d'entériner les décisions prises par les partis ou au mieux faire tout capoter en sanctionnant un des partis. Souvent donc, dans un système à la proportionnelle, comme en Belgique, on prend les mêmes et on recommence en changeant deux ou trois sièges. Et là, j'oublie de parler des autres aspects de cette particratie très présent en Belgique: la "partisanerie" à outrance (même les crèches semblent liées à des partis !) et le népotisme toujours plus présent (combien de fils et fille de ne trouve-t-on pas dans la politique belge notamment...)
Mais sur ces derniers points, nous quittons quelques peu les principes de la démocratie ou même le système politique pour en arriver aux dérives plutôt dues à l'humaine condition... Et donc on peut alors se demander si un régime politique quelconque pourrait un jour être meilleur qu'un autre tant qu'il serait dirigé par des hommes. Remarquez que j'ai écrit "hommes" sans majuscule, je ne sais pas, en effet, si je dois viser ici les hommes au sens de l'humanité ou les hommes par opposition aux femmes mais ceci est un autre débat !
Bon, bien sûr, tout ceci ne sont que des dérives de systèmes qui ont, sans doute, fait leurs preuves en d'autres temps et d'autres lieux. Mais la situation actuelle est là, qui plus est, nous, "démocraties" occidentales croyons toujours pouvoir imposer ce modèle au monde. C'est la même main qui a signé le Patriot Act qui annihile quasiment tout respect de la vie privée et tue un certain nombre de libertés individuelles et qui a "signé" la déclaration de guerre à l'Irak sous le fallacieux prétexte d'y "apporter" (imposer) la "démocratie"...
J'ai l'impression de m'éloigner de mon propos... Revenons au problème de départ...
Faillite sur le long terme
Aujourd'hui, heure de problèmes globaux, de problèmes urgents sur le long terme (survie de la planète, crises mondiales, ...), la démocratie est-elle encore le moins pire des régimes ? Ma réponse est non (ou en moins catégorique: peut-être pas), pas dans sa forme actuelle en tout cas...
A tous les niveaux, la démocratie se base sur l'élection de personnes défendant une opinion politique. Or, aujourd'hui, sur un certain nombre de sujets, nous n'avons pas besoin d'opinion politique mais de solutions urgentes, viables, durables, respectueuses de la Terre et de tout ses habitants ("win-win" pour employer un terme à la mode). Or donc, un grand nombre d'hommes (et de femmes) politiques sont aux postes de décisions non pas parce qu'ils sont compétents dans le domaine dans lequel ils doivent prendre des décisions mais parce qu'ils sont politiques (et sans doutes parce qu'ils sont compétents dans le domaine de la manipulation des masses, des médias, etc. pour arriver où ils sont arrivés).
Beaucoup d'élus, depuis trop d'années me font penser aux gouverneurs romains qui profitaient de leur mandat pour s'enrichir un maximum et préparer leur accession à un autre poste. Ne me faites pas dire qu'ils sont tous pourris (quoique !) mais vous ne m'ôterez pas de l'esprit qu'un Bush, un Sarkozy, un Reynders, une Arena, ... ont pour unique objectif totalement désintéressé de trouver la meilleure solution pour le bien commun et dans l'intérêt de tous. Et vous ne m'ôterez pas de l'esprit non plus qu'ils ne sont pas toujours (voir rarement) compétents pour le poste qu'ils occupent (et pire, ils ne savent pas toujours s'entourer de gens compétents). Bon ils doivent vivre, ils doivent être rémunérés en partie en fonction de leurs responsabilités. Ils doivent être suffisamment rémunérés pour éviter au maximum les tentatives de corruption (quoique chez certains cela ne change rien du tout) mais ils ne devraient pas qu'ils ont des responsabilités (et pas des responsabilités face à leur carrière, leurs amis ou leur avancement personnel, des responsabilités face à ceux qu'ils dirigent)(On pourrait ici faire le lien avec le principe de Peter et/ ou le principe de Dilbert sur les niveau de compétence et d'incompétence bien que ceux-ci s'adaptent moins bien en politique que dans les entreprises.).
Tous, sans beaucoup d'exceptions (il y en a, si, si!), ont une vision "mandatique": ils voient leur mandat, les futurs élections, l'image qu'ils doivent donner pour être réélus ou pour laisser une trace dans l'Histoire (ou devrais-je dire l'histoire ?) par une réformette débile ou une guerre qui l'est tout autant... Mais très rares sont ceux qui osent prendre les décisions, qui parfois fâchent, car elles bousculent le confort, elles bousculent des acquis (pour autant qu'il y ait quelque chose d'acquis dans ce monde !) mais qui visent le long terme.
Prenons l'environnement comme exemple. Quel élu ose prendre des décisions qui ne produiront leur effet que dans 10 ans, 20 ans mais qui produiront des effets durables ? Bon d'accord, aujourd'hui, il y en a plus qu'hier qui pensent à l'environnement et qui agissent pour sa préservation. Pourquoi ? Parce que le problème devient urgent, parce que le problème est médiatique, il touche l'opinion aujourd'hui, il touche l'électeur... Oserais-je être cynique ? Il touche le portefeuille de chacun quand le prix du pétrole grimpe... Et si l'élu peut soulager le portefeuille, il soulage l'électeur et donc le prédispose pour les prochaines élections... Aujourd'hui, la crise économique et financière touche au portefeuille (y compris celui des ministres !) donc on s'y intéresse quitte à ce que ce soit au détriment du long terme et l'environnement passe derrière.
Et si même des décisions sont prises, à la prochaine échéance électorale, tout peut être remis en question (heureusement parfois) et les nouveaux élus peuvent prendre le contre-pied de ce qui a été décidé. Mr Obama l'a bien compris...
A nouveau, en étant quelque peu cynique, qui peut se permettre des politiques sur le long terme sans crainte de fâcher, sans crainte que tout s'écroule à la prochaine législature ? Réponse: le gouvernement chinois ! Bon, ils disent aussi que c'est une démocratie (l’Article 1 de la constitution de la République Populaire de Chine décrit la Chine comme une ‘’dictature démocratique du peuple’’). Pas vraiment d'élections, pas vraiment d'alternance (idéologique) au pouvoir, pas vraiment d'échéance, pas de contrôle, peu de contestation... Une voie libre pour des politiques sur le long terme...
Suis-je en train de prôner la dictature (même si c'est celle du prolétariat) ? Que nenni, les idées démocratiques ont apporté de belles choses auxquelles je tiens: les droits de l'Homme (avec un grand H), la séparation des pouvoirs, certaines libertés importantes, des droits sociaux, des devoirs citoyens... et les idées démocratiques restent un idéal auquel je crois: oui nous devons devenir des CRACs (Citoyens Responsables Actifs et Critiques et je précise que cette expression n'est pas l'apanage d'un parti politique ou l'autre qui se le sont appropriés ! Ce terme est d'usage dans les mouvements de jeunesse belge depuis certainement une dizaine d'années) mais il faut en donner les moyens à la société et donner des réponses sur le long terme...
Alors quelles options ?
Je crois que le gros problème est aussi que nous manquons d'imagination... Pourquoi se cantonner à la démocratie ? Depuis Marx, aucune alternative n'a été proposée... Confort quand tu nous tiens ! Imaginons ! Imaginez ! Sortez des sentiers battus ! Osez ! Osons ! Et puis, même si nous manquons d'imagination (la faute à qui ? Télé, quand tu nous formates...), l'Histoire est là (oui, oui, cette fois c'est celle avec un grand H !)...
Personnellement, j'aime assez l'idée de Platon d'un gouvernement de philosophes... Les Jésuites ont connus de belles réussites "communistes" (s'il n'y avait pas anachronisme du terme) en Amérique du sud notamment...
Une idée comme cela, pour lancer le "remue-méninge":
une dexiotechnocratie (c'est un nouveau terme que j'invente: du grec, nos maîtres en politique, δεξιοτεχνία, art, capacité, compétence professionnelle, know-how, ...) soit des gens a-politiques avec des compétences professionnelles dans leur domaine de décision qui soient évalués et contrôlés régulièrement par des élus du peuples. En gros, une administration compétente non inféodée au politique mais avec des pouvoirs larges de décision ou d'initiatives... et un pouvoir législatif, peut-être plus politisé, qui servirait de forum d'idées, de discussions avec éventuellement aussi un pouvoir d'initiatives mais surtout un devoir de contrôle...
Mr Obama a fait des tentatives dans cette voie en souhaitant s'entourer de Steven Chu, prix Nobel de physique, à l'Energie, par exemple (d'autres membres de son équipe ont des palmarès tout aussi intéressants)... A suivre...
Bon, tout ceci mérite réflexion, et peut-être en relisant j'aurais honte de ce que j'écris... mais si cela peut faire réfléchir une personne et lui permettre d'avancer en CRAC, j'aurai atteint mon but !
PS: Et si la révolution ce n'est pas pour demain, et si l'on veut quand même des CRACs, il faudra au minimum changer le système d'enseignement en Belgique !
En guise de conclusion un brin cynique:
"En Italie, pendant 30 ans sous les Borgias, ils ont eu la guerre, la terreur, des meurtres, des effusions de sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Leonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, ils ont l'amour fraternel; depuis 500 ans, ils ont eu la paix et la démocratie --- Et qu'ont-ils produit ? Le coucou (ndlr: l'horloge avec coucou)"
Orson Welles dans le rôle de Harry Lime dans Le Troisième Homme, 1949
11 décembre 2008
5 - Cinq
Cinq, cinq sens, cinq doigts de la main, cinq doigts de pied... La moitié de 10, le V des Romains doublé en inversé dans le X du 10.
La graphie du 5 représente un symbole accroché au Ciel qui se penche sur la terre, le symbole de l'Ange gardien ? Déjà au Ciel mais "obligé" d'accompagner ou de soutenir un "humain", de se pencher sur les terriens, pour autant que l'on croit à ces petits Jiminy Criquet qui nous susurrent quoi choisir, qui nous protège, qui nous accompagneraient et qui pourrait nous faire passer 5 minutes plus tôt devant la porte qui explosera dans un attentat à 4h du mat' (petite expérience personnelle !) parce que ce n'est pas encore l'heure, notre heure. Inch Allah ! Comme certains diraient... Quand c'est pas l'heure, c'est pas l'heure ! Bon nous nous éloignons...
Les Romains, ces braves paysans et leurs ancêtres les Étrusques, très terriens, comptaient sur leurs mains. Ils ont donc pris 5 comme leur base de calcul (plus exactement le 10: 2x5). Les Étrusques l'écrivaient ^, les Romains l'ont retourné en V... Tiens, le symbole V... Une flèche du Haut vers le Bas, du Ciel vers la Terre.
Le cinq, c'est quatre plus un, la quintessence... Comme le cinq sur les dominos, le centre au milieu des quatre points cardinaux, le centre du monde, notre monde. Pour les Mayas, le 5ème monde est notre monde, le monde actuel... C'est aussi les 5 piliers et les 5 prières que Mahomet a négocié avec Allah, les fameux cinq piliers de l'Islam: la croyance en un seul Dieu, les 5 prières par jour, le Ramadan, la charité et le voyage à la Mecque... La quintessence, le must du must ! Et nous en venons tout naturellement au Pentateuque, les cinq livres de la Torah, les cinq premiers livres de la Bible... C'est encore la Pentecôte des chrétiens, le Saint Esprit qui descend sur les disciples du Christ (encore le Ciel qui descend sur la Terre)... Le cinq rassemblerait-il quelque part les grandes religions du livre ? Ce ciel qui se penche sur la terre ?
Pour les pythagoriciens et d'autres ésotérismes, le cinq c'est l'union parfaite: le pair (2) et l'impair (3) mais pour d'autres, c'est aussi le chiffre qui déséquilibre la paix du 4. C'est donc également un chiffre de guerre: celui du pentagone, du général 5 étoiles, le plus haut symbole de grade dans les armées...
vers le 4
vers le 3
vers le 2
vers le 1
vers le 0
20 mai 2008
Egalité ou équivalence
Je n'aime pas le mot égalité quand on parle d'êtres humains: égalité des sexes, "Liberté, Egalité, Fraternité". Je suis d'accord de tenter d'arriver à l'égalité des droits mais, pour moi, il faut que cela ("des droits") soit précisé à chaque fois car le terme "égalité" en lui-même n'a pas de sens dans ce genre de combat.
Effectivement, je crois qu'on ne peut pas mettre le signe d'égalité ("=") entre homme et femme. Le signe "=" signifie que d'un côté comme de l'autre, nous avons la même chose. Mais nous ne sommes pas égaux, nous ne sommes pas les mêmes. On peut mettre un signe égal entre 5 pommes et 3 pommes plus 2 pommes (5 pommes = 3 pommes + 2 pommes) car, quel que soit le côté de l'égalité, au total, vous aurez le même nombre de pommes, vous aurez la même chose (si les pommes sont les mêmes... mais bon !). On ne peut pas mettre le signe "=" entre 5 pommes et 5 poires car là, on compare des choses qui ne sont pas comparables. De même entre 1 m et 100 cm, le signe égal a un sens car la longueur est la même. Par contre, ne fusse que biologiquement, un homme et une femme ne sont pas les mêmes. Je dirais même qu'un homme n'est pas égal à un autre homme comme une femme n'est pas égale à une autre femme: les êtres humains, si l'on a quelques respect pour la personne humaine ne sont pas interchangeables (comme les pommes). parler d'égalité, revient, pour moi, à nier les individualités, à nier les différences, nier la spécificité qui fait de chaque être humain une personne unique, irremplaçable.
Je choisirais donc de me battre pour "l'équivalence" des êtres humains, "l'équivalence" entre hommes et femmes. Equi-valence (du verbe équi-valoir - latin: aequivalere): être de même valeur. Donc nous sommes équi-valents, nous avons la même valeur. J'accepterais de me battre pour l'équi-valence des homme et des femmes, l'équivalence des noirs et des blancs, des beurs et des jaunes mais pas leur égalité. Hommes, femmes, blancs, beurs, noirs ou jaunes ont la même valeur pour peu qu'on reconnaisse une valeur à la vie humaine. Je ne parle pas ici bien sûr de valeur marchande, l'esclavage est officiellement interdit dans de nombreux pays, je parle de la valeur en tant qu'être humain ou simplement en tant qu'être vivant, en tant que personne.
Revendiquer l'égalité, c'est nier la spécificité de chacun, nier la personnalité unique de chacun. Reconnaître leur équi-valence, c'est leur reconnaître une valeur, la même, quelque soit leurs spécificités. C'est reconnaître leur valeur dans la différence.
Si je vais plus loin encore, en programmation, le signe "=" est encore plus gênant dans son acception: il affecte une valeur à une variable. Si en programmation, j'écris homme = femme, cela signifie en gros que dans un tiroir intitulé "homme" de ma mémoire, je mets la valeur "femme". Ce tiroir (intitulé "homme") contient donc la valeur "femme". C'est un peut le sens du mot générique "homme" si l'on ne parle pas du mâle de l'espèce humaine mais d'un individu générique de cette espèce. Où est alors la place de la femme ? Comme beaucoup l'on dit, sous-entendu ou pensé, c'est une sous espèce de l'homme...
D'accord, je fais sans doute un peu ringard mais le mot valeur, que l'on retrouve dans "équi-valent" est vraiment important... et plus défendable que celui d'égalité.
Tags : différence, femme, genre, homme, personnalité, vocabulaire, égalité, équivalence4 - Quatre
Quatre, c'est la stabilité qui permet la découverte. Soit la stabilité de la table ou de la chaise qui tient mieux sur quatre pieds que sur trois ou deux (qui ne s'est pas fait enguirlander par ses professeurs ou par ses parents parce qu'il se balancait sur sa chaise, uniquement sur deux pieds ?). La stabilité de la voiture à quatre roues par rapport aux "deux roues". C'est encore la stabilité de l'enfant qui part à la découverte du monde à quatre pattes. Mais bizarrement, la graphie du "4" en fait le plus instable des chiffres: une espèce de triangle en équilibre instable sur un pied.
L'enfant à quatre patte nous l'indique, quatre est le chiffre de la découverte: quatre directions (devant, derrière, à gauche à droite), quatre points cardinaux, "partir aux quatre vents". C'est la découverte plane, la découverte de la terre. C'est Christophe Colomb qui part à l'Ouest, c'est Marco Polo qui s'en va vers l'Est, c'est Peary vers le Nord et Amundsen au Sud.
Quatre saisons, quatre éléments, quatre bases de l'ADN... Quatre semble donc être aussi le chiffre de la vie, des éléments constitutifs de la vie. Soit les quatre éléments (Air, Terre, Eau, Feu) qui pour les philosophes grecs étaient à l'origine de tout et qui ont donné en médecine la théories des humeurs (déséquilibres d'un des quatre éléments au niveau du corps humain qui serait source des maladies). Quatre saisons qui rythment la vie de la nature dans nos contrées tempérées: de la naissance au printemps à la maturité en été puis la dégénerescence en automne et enfin la mort en hiver... Puis la renaissance...
Les quatres bases de l'ADN, les quatres briques du vivant... Formidable d'imaginer que l'ensemble du vivant sur terre (même s'il se dé-diversifie rapidement) est composé et se reproduit grâce à quatre petites molécules. Un formidable alphabet en quatre lettres. Quatre notes de musiques pour écrire une symphonie du monde... Quel compositeur serait capable de cela ?
Quatre, c'est un croix et un flèche... La croix chrétienne qui nous tire vers le haut tout en s'incarnant dans la vie terrestre ?
vers le 3
vers le 2
vers le 1
vers le 0










